13 février 2009
En pratique : l'Indonesie
Quelques infos pour donner des pistes a ceux qui seraient tentés par un voyage au pays des volcans et des rockers.
Les visas
Nous sommes entrés dans le pays en arrivant par la mer a Dumain sur l'ile de Sumatra (partance depuis Melaka en Malaisie). Le prix est de 25 USD. Les visa a l'arrivee donne le droit a 30 jours, pas un de plus, ceci dit, plusieurs solutions s'offrent a vous pour etendre ce delais (c'est un pays tres vaste ou les transport prennent beaucoup de temps) :
- partir et revenir : grace a un A/R vers Singapour, Kuala Lumpur ou le Timor oriental par exemple
- vous acquitter de 20 USD d'amende par jour excedent la limite du visa
- il serait apparement possible contre 100 USD d'etendre son visa d'un mois. A confirmer.
Je vous encourage a bien vous rencarder sur la situation ; celle change rapidement et les postes frontieres offrent plus ou moins de souplesse (via des solutions... arrangeantes pour rester poli). A noter qu'en faisant la demande directement aupres du consulat dans votre pays vous pouvez obtenir jusqu'a trois mois de visa touristique.
Le parcours
Notre séjour a eu lieu en Janvier / Fevrier 2009 et a duré 6 semaines ce qui ne permet pas de visiter tout l'archipel evidement.
Le parcours a été le suivant ;
| Jour 1 |
Voyage de nuit vers Bukittinggi (Sumatra) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 2 - 3 |
Lac Maninjau (Sumatra) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 4 - 8 | Bukittinggi et ses environs (Sumatra) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 9 - 10 | Jakarta (Java) |
♥♥ ♥♥♥ |
| Jour 11 - 17 |
Yogyakarta et ses environs (Java) | ♥♥♥♥♥ |
| Jour 18 | Ambarawa (Java) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 19 - 20 | Surabaya (Java) | ♥♥♥♥♥ |
| Jour 21- 23 | Malang & Bromo (Java) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 24 | Surabaya (Java) | ♥♥♥♥♥ |
| Jour 25 | Tentre (Java) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 26 - 27 |
Bondowoso & Kawah Ijen (Java) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 28 | Denpasar (Bali) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 29 - 32 |
Kuta (Bali) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 33 - 35 |
Ubud (Bali) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 36 - 38 |
Amed (Bali) |
♥♥♥♥♥ |
| Jour 39 |
Kuta (Bali) | ♥♥♥♥♥ |
Le budget
Budget total incluant visas ; 800 EUR par personne.
Soit en moyenne / jour (sans tenir compte des billets d'avion et du visa mais incluants beaucoup de souvenirs) : 20 euros ( euros pour mon amie).
Bon voyage !
12 février 2009
Kuta & Ubud & Amed, Ile de Bali, République d'Indonésie
De l'aveu de tous, Bali vaut davantage que ce qui a fait sa réputation, ses plages interminables et les hasards cumulés de ses reliefs sous marins et des courants qui à la surface forment des vagues terribles où viennent se casser la figure les surfeurs. Des Australiens, ça a la peau dure, les muscles répandus comme comme une contagion et du blond dans les cheveux. Bali, ce n'est pas aussi déplorable non plus que ce qui a propulsé sa notoriété dans le mauvais sens en 2002 avec les attentats islamistes qui l'ont frappés méchament sous la ceinture ; c'est à dire dans la rue où s'alignent les clubs où on boit et où on danse. C'est finalement un endroit où on s'est dit qu'on passerait dix jours. Les dix derniers en ce qui me concerne.
C'est la pluie qui se fait votre guide et qui ne vous lâche que pas souvent, ou alors quand vous prenez votre temps avant de vous lever... quand ça vous arrange le moins, en fait. Ca donne aux villes sur la côte un drole d'air, comme une version un peu décalée d'elles-mêmes : des étrangers torses-nus, bermudas et tatouages trempés par les intempéries qui se balladent dans les rues, leurs planches de surf sous le bras. Ailleurs à Amed, c'est dans l'Est de l'île; les plages sont noires à cause de la couleur du sable. On en ramène des kilos sous nos chaussures à cause des averses, c'est comme si la marée noire ne connaissant plus ses frontières et venait mourrir sur le perron de la chambre d'hotel. On nous a enlevé notre ile paradisiaque avec cette flotte. C'est en plus à cette période de l'année que la mer est la plus déchainée. Les marins nous disent qu'ils ne s'y risquent pas, les fonds marins dont on parlait plus haut sont troubles. C'est la pointe du Ratz, sans les falaises, quoi. La pluie par contre, elle s'accorde mieux avec la campagne : le vert ressort encore plus vert, les rizières sont à flot. Ce sont en fait surtout ces coins vallonés que ceux qui ont la bougeotte et un peu de suite dans les idées viennent voir. On a fait comme eux.
Comme autre chose à Bali, on doit raconter qu'on trébuche sur le religieux à chaque coin de rue, si on peut dire. Ca prend la forme de petite offrandes - du riz coloré, des fleurs, des sucreries - joliment arrangés dans des paniers en feuille de bananiers pas plus grands qu'une soucoupe. Vous prenez cela pour de l'animisme, il y en a sans doute un peu, mais par ailleurs, les statues gigantesques reprenant des scènes cultes du ramayana et du mahabharata sont là pour vous rappeler que la population est hindoue. La seule petite île hindoue au milieu de l'archipel quand même très musulman. Un autre indice c'est qu'on retrouve le même paquet de chiens faméliques qu'on avait cru laisser en Inde. Les hadiths de l'Islam, en disent rien que du mal de ces bêtes-là. Pour reparler un peu de ces statues, on ne voudrait pas se montrer trop vexant, mais ces oeuvres là nous font quand même bien sourire. Ca fait pas très solennel pour de l'esthetique de culte. Pour vous donner une idée; vous n'avez qu'à prendre la Corse et vous imaginer que dans ses villages ont ai figé dans de la pierre haute de six mètres des Hercules contre son hydre de Lerne, Thésé contre son minotaure ou encore un Hadès ramenant dans son char deux places Persphone aux enfers. Ca en jete, c'est sûr mais qui, franchement, irait se jeter à genoux devant ? Ils savent aussi faire dans un genre moins ostensible heureusement sous la forme de génies de 50 cm qui protègent les ponts, les forêts, les cours intérieures (qui ressemblent en fait a des sanctuaires en miniature). C'est l'endroit aussi où ils deballent leur talent pour ce qui est de la sculpture, un domaine, c'est sûr qu'ils ne craignent personne.
Pour le reste, il faut bien reconnaitre que l'enthousiasme s'est quand même émoussé. On tente de rares sorties à scooter sur les routes moins fréquentées et puis on termine à cause du mauvais temps et de notre mauvaise volonté dans des caves à souvenirs. On regarde la montre plus souvent qu'avant, on lambine, on lit beaucoup - la librairie du village d'Amed est très francophile et pas chère. On y trouve ça
Voyager c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que décéptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force. (...) Et puis d'abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux. C'est de l'autre coté de la vie. |
C'est du Céline, période voyageur, bien sûr. On aurait pu verser dans de la citation plus emphatique pour clôre ce chapitre et à vrai dire, clore notre tournée. Et puis non, ça ira bien comme cela.
02 février 2009
Singapour, Republique de Singapour
Singapour ne craint pas le paradoxe en s'affichant, étymologiquement en tout cas, comme la ville du lion. C'est que des lions il y en a jamais eu dans la région : en fait, les seuls predateurs qu'on croiserait ici sont dans le zoo, ou à la rigueur aux affaires en haut de buildings vertigineux. On est venu ici un peu pour saluer des collègues locataires d'un bureau anonyme et réduit dans l'une des tours qui nous bouchent les horizons, pour solder un peu aussi les compte avec la Malaisie - l'ile de singapour située en bout de la peninsule a appartenue un temps a la fédération, mais surtout en fait pour redonner un coup de neuf a nos visa indonesiens (sortir et revenir pour obtenir 30 jours de rab'). Mis bout à bout, cela fait dans les quarantes huit heures à passer dans la petite mégapole des centres commerciaux, du fret maritime tournant 24 x 24 grace aux petites mains indiennes et malaises et aux cerveaux des chinois et des expatriés pour ce qui est des activites sérieuses, c'est à dire lucratives. Car c'est une évidence qui vous tombe dessus tres vite ; il y a une ségrégation ethnique tres nette. La majorité chinoise tenant hereditairement le pouvoir politique et gérant l'essentiel des businesses, pas etonnant qu'ils n'aient pas tenus plus d'un an dans la Malaisie musulmane.
Pour revenir un peu à nous, dans cette petite mégapole surdéveloppée, on se trouve finalement plus démuni que disons lors de notre arrivée a New Delhi. Se trouver un hotel a moins de 30 euros la nuit prend des heures, se nourrir ça va, contrairement au transport finalement plutot cher. On marche ainsi autant que possible, et on réduit la voilure au niveau des activités en se concentrant sur l'ile-loisir de Santosa, une erreur tactique avec le recul. Se ballader, ça reste encore gratuit. Alors, de ce qu'on en voit, Singapour c'est une ville en équilibre ; c'est à dire qui fait ses ajustements avec un sens étudié de l'harmonie (les adeptes du Feng Shui veillent au grain, sans doute) afin de réspecter la part de grattes-ciels, de parcs, des résidences aérées (ce qui est un leurre puisque 80% de la population se loge en vertical dans des logement sociaux), de quartiers pittoresques enfin (ceux des minorités ainsi que le chinatown). Il faut bien admettre qu'ils s'en sortent pas mal. La seule sacrifiée c'est l'Histoire, dont les traces sont nettoyées, rendues méconnaissables pour qui n'est pas du coin. En même temps, c'est une ville plutot jeune ; les dégats sont acceptables. Et puis ne pas trop s'encombrer du passé leur laisse finalement la liberte de se défouler dans les rues ; des buildings aux architectures étonnantes, de peupler les squares et les campus universitaires d'oeuvres contemporaines, ou en tout cas qui l'ont surement été à leur époque.
On se promenait dans la ville comme des taupes ; usage dans un premier temps à outrance des métros avant de se rendre compte que les distances entre deux stations ne sont pas si terribles et que, somme toute, Singapour est une ville tres haute, d'accord, mais finalement pas très étendue. C'est en tout cas sous ses pavés et plus précisément en attendant notre rame qu'on prend connaissance avec l'essence de cette bonne cité ; la sureté et sa panoplie complémentaire : sécurité, surveillance, delation. Les mises en garde presques intrusives commencent à l'hotel ou il est precisé en très gras que la direction vous livrera à la police si vous êtes pris a télécharger des fichiers musicaux depuis les ordinateurs mis à votre disposition. D'autres avertissement du même acabit tapissent les boutiques et s'adressent a ceux qui seraient tentés de partir sans payer (c'est deja plus classique mais tourné en des termes pas vraiment commerciaux !). Nous on s'en tire avec un avertissement ; notre crime, sans ces temps de crises qui raniment chez chacun un élan de solidarité et de compassion, nous aurait coute 500 dollars. C'est en effet le tarif pour ceux attrappé à boire de l'eau dans leur métro. On ne vend pas à Singapour de chewing Gum pour des raisons d'hygiene public évidentes (les macher en revanche, c'est toléré) pas plus qu'on ne fait grêve, c'est illegal. On est definitivement pas ici dans la ville de la transgression ; on doit s'y ennuyer, c'est certain.















