02 mai 2010

Sendai, Province du Miyagi

Les caractères de leur alphabet, qu'ils appellent kanjis, on commence par n'y pas faire attention ; d'abord parce que les sous titres sont en anglais et aussi parce qu'ils ont mis au point une palette d'illustrations évocatrices (des illustrations de cours d'école, pourrait-on dire si on ne mettait en perspective l'ancrage de ces "images dérisoires" - manga - dans la culture japonaise) pour vous indiquer où aller, que faire et surtout que ne pas faire . On sent pourtant bien que ces caractères qu'on avait beaucoup craint font bien des efforts pour se rendre présentables : en abandonnant leur verticalité, histoire d'être lus de gauche a droite comme le reste, et puis en formant des couples mixtes ; phrases d'accroche en américain, dans les publicités, les prospectus d'information et le détails en kanjis. Nous on veut bien être accommodant, sortir le guide de voyage et essayer de s'y retrouver, mais c'est qu'on a peine de temps de déballer la Pierre de Rosette qu'un homme (car se sont souvent le plus souvent les hommes qui vous abordent) avec pour seules armes un vocabulaire réduit et beaucoup de bonne volonté se porte a votre secours et distille de ces formes - presque images - leur sens caché.

Sendaï, c'est la plus grosse cite aux portes du Tohoku, la plus septentrionale des province de l'ile d'Honshu. Disons d'abord qu'il y a la silhouette martiale et européanisée d'un fameux daimyo du XVIIeme siecle ; Date Masamune et puis aussi, pas loin la baie de Matsushima et que l'une et l'autre se renvoient les touristes, nombreux pendant cette "semaine dorée" qu'on devine début Mai. C'est bien sympathique de les avoir autour de soi, en famille, joviaux. A cause d'eux tout de même on trouve surtout des hôtels complets : une situation qui se fait se lever un petit vent de panique a l'information center (qu'on trouve dans toutes les villes, c'est bien pratique) et a l'Hotel Reservation Office. C'est que débouler comme cela sans avoir pris les devants, cela ne se fait pas ici. Au final, on trouve invariablement de la place dans les pensions pour businessmen où on prend au passage quelques leçon de courtoisie ; scène de la remise des clé de la chambre qui vous donne l'impression que l'employé vient de vous confier la destinée de sa famille tant le geste est profond et la mine grave et un aperçu de ce qu'on va manger pendant le séjour souvent très bon, souvent inidentifiable. 

Statue de Date Masamune à Sendai

On découvre la ville de Sendaï en suivant la longue artère couverte qui porte le nom d'Ichibancho. L'impression d'avoir découpé les building sur son passage en deux sur près d'un kilomètre. Les boutiques - rien que des franchises - ont colonisées les deux cotés de cette plaie béante et envoient leurs vendeurs recruter les clients à la ronde. Ils essaient en fait surtout de couvrir le vacarmes des salles à pachinko voisines (sorte de flippers debout qui exercent ici une fascination au point de soutirer à leur victime plusieurs milliards de Yens par an) et de capter l'attention des chalands. Ils partent comme cela au front avec un mégaphone, des grands bacs de produits soldés et des magasins qui ferment très tard. Les autres rencontres que l'ont peut faire c'est celle d'un prêtre shintô, une coiffe en osier sur le chef qui lui dissimule entièrement le visage. Il réciter des sueras - le terme est ici mal choisi - sur un rythme rapide et monocorde. Face à lui, une gamine qui  ne doit pas avoir plus de six ans  et qui joint ses mains cérémonieusement. La voilà sa récompense. Un peu plus loin, c'est à dire là où une route coupe notre shopping malle , comme pour vous permettre de respirer, des lycéennes en embuscades,  jupes courtes et chaussettes blanches qui s'époumonent pour récolter quelques pièces pour leur école, croit-on savoir.

Les ruelles qu'il y a autour font décors de films, parce qu'il y  règne une ambiance effervescente juste éclairé par des lanternes et le peu qui filtre des fenêtres de minuscules restaurants où on ne peut entrer qu'en se courbant. Il y a des familles, des poussettes, des jeunes éméchés qui sautent d'une bar à hôtesses à l'autre. On les repère ces rades-là par leur s pancartes où les portraits maquillés d'adolescentes répondent malicieusement aux morceaux de poissons qui font eux la réclame des restaurants dont on parlait à l'instant. C'est quand même un quartier rouge très sage - il y a pour comparer celui de Bangkok qui nous revient en mémoire. le sens des convenances et de la retenue, on comment à sentit que les japonais sont nés avec.

Le lendemain. Il y a une chose qu'on ignorera pas en se rendant à Matsushima, c'est que cette baie est très officiellement classée dans le top 3des paysages de l'archipel(façon détournée de dire qu'elle n'est que troisième, finalement). Avec une promesse comme celle-là, on ne récolte à l'arrivée que de la déception. Ou plutôt un hochement d'épaules, une fois que le bateau vous a posé à quai. L'après midi se passent enfilant les petites iles avec leurs temples comme des perles. a la fin de la journée on se dit que ce n'était pas désagréable. Et puis de toute façon c'était sur mon chemin.

Posté par erwanretiere à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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