18 décembre 2008

Sa Pa, Republique Socialiste du Vietnam

Vous vous souvenez de la région de Sa Pa ? Ce coin qu'on aurait pas tout à fait tort de prendre pour un zoo si ses cages n'avaient la dimension de montagne. C'est là que se concentrent une bonne part des minorités Hmongs, Thais... du Vietnam. et bien on le découvre finalement au Nord Ouest, protégé par des massifs montant à 3.000 m et armé d'un froid polaire pour maintenir les touristes à l'écart et les populations locales en paix. Làs ! Son climat n'impressionne guère et c'est d'un train qui s'élance dans sa vallée depuis Hanoï que les armées se lancent contre lui avec une une arme, bien redoutable; celle-là : la modersation forcée !

Nous on fait parti de ces contingents de volontaires attirés là surtout par des paysages qui devraient fqire les vedettes dans la photothèque. Alors on laisse derrière Lao Cai, la ville terminus en frontière avec la Chine et naturellement en plein boom pour s'élancer sur la route menant aux villages et aux nids d'aigles à touristes. Se faire transporter; comme a peu près tout ici, passe par une phase de négociation âpre où toute l'affaire consiste à ne pas essayer d'en réaliser une mais, plus modestement, à évaluer le prix raisonnable pour la transaction. Notre gymnastique modelisée à la tête suivante :

formule

Où,  Pr = Prix Raisonnable
       Pv = Prix du Vendeur (exhorbitant)
       Pg = Prix indiqué par le Guide (erronné)
       i = inflation du pétrole, du riz et du coton depuis la date de parution du Guide.
       n = humeur du moment

A cette arithmétique là, on est sans doute pas les plus forts mais elle est révolu depuis l'Inde (c'est que cette équation là marche pour un tas de pays) l'époque où on se laissait bouffer la laine sur la dos. La preuve : les Autrichiens gras et placides assis en face de nous on payé quatre fois notre tarif. Notre petit jeu avec ces négociation c'est de mettre en l'air le petit business de notre vendeur, en annonçant par exemple aux nouveaux arrivants qu'on ramasse le prix veritable de la course. Voilà un petit geste simple pour retablir un peu d'equite entre ceux du Tiers Monde accaparateurs de nos richesses et nous autres, voyageurs Occidentaux sans le sous et à leurs merci.

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On se montre par contre plus indulgent pendant nos emplettes sur le marché de Bac Ha. D'abord parceque les souvenirs qu'on nous propose sont drôlement plus jolis qu'ailleurs, ensuite parce qu'on sent que ces dames (il ne s'agit que de vendeuses) ont dû en passer des heures à fignoler les broderies sur ces sacs, à fixer pour de bon la teinture sur ce pled. Les dames en question, puisquùon en parle, ce sont des Hmongs ("flower hmongs" dit le guide; je ne suis pqs contre une traduction) qu'on reconnait d'un coup d'oeil et sans sous titre à leur splendides frusques chamarées. Leurs hommes se fondent davantage dans le paysage faute de vêtements qui les distingue et à cause de notre oreille incapable de faire la difference entre leur langue et le Viet. Ce qui est le plus interessant, cependant, c'est le marché aux bestiaux. Certes, le compte n'y est pas tout a fait pour pour solder celui de Kachgar dans le Xing Yiang et pourtant, grâce a un casting de choc, le charme opère. Jugez un peu : gorets poussant des hurlements à vous fendre l'âme en deux (ou a vous provoquer des procédure d'adoption pour éviter à ces gentilles petites bêtes un retour disgracieux au village, ficelés au fonds d'un sac en toile de jute, allongés de travers sur le scooter sous deux ou trois de leurs camarades), meutes de chiots dont un incident de carrière ne les menera pas a garder le troupeau mais plutot à etre les hotes remarqués d'un festin bien arrosé (la viande de chien est le met de choix pour célébrer des retrouvailles), buffles imposants au milieu de tout cela comme de grosses berlines allemandes perdues sur un parking d'hypermarché, et puis des chevaux, pas bien grands.

Mais tout cela reste de la mise en bouche par rapport à ce qui va suivre. Un saut par dessus la vallée (ou plutôt une longue descente zigzagante qui donne l'élan nécessaire pour la remontee vertigineuse d'en face) et vous voilà à Sa Pa, la mecque de l'Ethnologue à la petite semaine, l'argument facile des tours operators. On se doute bien qu'il devait il y avoir un village en dessous de ces rues en pente, colonisées par le trio gagnant hotels + agences de voyage + resto exotiques, ou pour être exact, les restes de la station d'altitude voulue par les français pour la meme raison qui les a fait batîr... allez, souvenez vous... Da Lat, bien sur ! C'est aujourd'hui le même coin glacial que cela devait être hier, à la difference près peut être que les colporteurs venus des villages éthniques - c'est un pléonasme - voisins ont élargis leur production à l'artisanat de souvenirs et à la refourgue d'opium (leurs dealers sont des grands mères enturbannées indigo, au-delà de tout soupçon). pour le reste, c'est vrai, ces coins qu'on traverse en ballade sont plutot époustouflants ; on parlerait de cultures de riz en terasses, d'un exploitation intensive des tons de vert, d'ecoles communales perdues sur des flancs de montagnes où on fait entrer dans la tête des momes le vietnamien en chantant que ca ne leur rendrait meme pas hommage. La région de Sa Pa est, sans effet de style, très chouette.

Un bon coup de pied a l'arrière-train (couchette) nous renvoie à Hanoi où il fait quand même meilleur mais où la circulation - la pire jamais enregistrée et pourtant on a eu l'occasion de se frotter a Téhéran, Delhi ou Saigon, bref à du très lourd ! - limite vos déplacements au paté de maison où on trouve votre hotel, hotel que vous avez du reste payé plus cher que partout ailleurs et dont le gérant, main sur le coeur, a eu le sentiment de vous avoir fait une fleur en rongeant un peu ses tarifs. On passe les dernières heures a faire du troc technologique a haute valeur ajoutée : voir le Darty local vous racheter en 30 seconde votre appareil photo ou ne vous proposer que des contrefacons de jeux pour votre Nintendo (ce n'est pas une régréssion, juste de la compagnie pour les 26 heures du vol Jakarta - Paris, j'vous jure) sont le genre d'indices qui vous font dire qu'il va vous falloir quelques temps d'aptation avant de se re-frotter à la l'amabilite des boutiquiers parisens... Et puis on prends des cours de rattrapage culinaires avec l'ami Son, croisé furtivement a Dijon. Et puis enfin, le gong sonne la fin de la rencontre. Un trajet interminable jusqu'a l'aeroport (et paradoxalement le moins cher du voyage) avant une poussee sévère vers l'Equateur. C'est presque au dessus des nuages qu'on réalise qu'il ne reste plus beaucoup de choses devant nous et que, avec l'exemple encore frais du Vietnam, que le meilleur est peut être derrière...

Posté par erwanretiere à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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