12 février 2009

Kuta & Ubud & Amed, Ile de Bali, République d'Indonésie

De l'aveu de tous, Bali vaut davantage que ce qui a fait sa réputation, ses plages interminables et les hasards cumulés de ses reliefs sous marins et des courants qui à la surface forment des vagues terribles où viennent se casser la figure les surfeurs. Des Australiens, ça a la peau dure, les muscles répandus comme comme une contagion et du blond dans les cheveux. Bali, ce n'est pas aussi déplorable non plus que ce qui a propulsé sa notoriété dans le mauvais sens en  2002 avec les attentats islamistes qui l'ont frappés méchament sous la ceinture ; c'est à dire dans la rue où s'alignent les clubs où on boit et où on danse. C'est finalement un endroit où on s'est dit qu'on passerait dix jours. Les dix derniers en ce qui me concerne.

C'est la pluie qui se fait votre guide et qui ne vous lâche que pas souvent, ou alors quand vous prenez votre temps avant de vous lever... quand ça vous arrange le moins, en fait. Ca donne aux villes sur la côte un drole d'air, comme une version un peu décalée d'elles-mêmes : des étrangers torses-nus, bermudas et tatouages trempés par les intempéries qui se  balladent dans les rues, leurs planches de surf sous le bras. Ailleurs à Amed, c'est dans l'Est de l'île; les plages sont noires à cause de la couleur du sable. On en ramène des kilos sous nos chaussures à cause des averses, c'est comme si la marée noire ne connaissant plus ses frontières et venait mourrir sur le perron de la chambre d'hotel. On nous a enlevé notre ile paradisiaque avec cette flotte. C'est en plus à cette période de l'année que la mer est la plus déchainée. Les marins nous disent qu'ils ne s'y risquent pas, les fonds marins dont on parlait plus haut sont troubles. C'est la pointe du Ratz, sans les falaises, quoi. La pluie par contre, elle s'accorde mieux avec la campagne  : le vert ressort encore plus vert, les rizières sont à flot. Ce sont en fait surtout ces coins vallonés que ceux qui ont la bougeotte et un peu de suite dans les idées viennent voir. On a fait comme eux.

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Comme autre chose à Bali, on doit raconter qu'on trébuche sur le religieux à chaque coin de rue, si on peut dire. Ca prend la forme de petite offrandes - du riz coloré, des fleurs, des sucreries - joliment arrangés dans des paniers en feuille de bananiers pas plus grands qu'une soucoupe. Vous prenez cela pour de l'animisme, il y en a sans doute un peu, mais par ailleurs, les statues gigantesques reprenant des scènes cultes du ramayana et du mahabharata sont là pour vous rappeler que la population est hindoue. La seule petite île hindoue au milieu de l'archipel quand même très musulman. Un autre indice c'est qu'on retrouve le même paquet de chiens faméliques qu'on avait cru laisser en Inde. Les hadiths de l'Islam, en disent rien que du mal de ces bêtes-là. Pour reparler un peu de ces statues, on ne voudrait pas se montrer trop vexant, mais ces oeuvres là nous font quand même bien sourire. Ca fait pas très solennel pour de l'esthetique de culte. Pour vous donner une idée; vous n'avez qu'à prendre la Corse et vous imaginer que dans ses villages ont ai figé dans de la pierre haute de six mètres des Hercules contre son hydre de Lerne, Thésé contre son minotaure ou encore un Hadès ramenant dans son char deux places Persphone aux enfers. Ca en jete, c'est sûr mais qui, franchement, irait se jeter à genoux devant ? Ils savent aussi faire dans un genre moins ostensible heureusement sous la forme de génies de 50 cm qui protègent les ponts, les forêts, les cours intérieures (qui ressemblent en fait a des sanctuaires en miniature). C'est l'endroit aussi où ils deballent leur talent pour ce qui est de la sculpture, un domaine, c'est sûr qu'ils ne craignent personne.

Pour le reste, il faut bien reconnaitre que l'enthousiasme s'est quand même émoussé. On tente de rares sorties à scooter sur les routes moins fréquentées et puis on termine à cause du mauvais temps et de notre mauvaise volonté dans des caves à souvenirs. On regarde la montre plus souvent qu'avant, on lambine, on lit beaucoup - la librairie du village d'Amed est très francophile et pas chère. On y trouve ça

Voyager c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que décéptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force. (...) Et puis d'abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux. C'est de l'autre coté de la vie.

C'est du Céline, période voyageur, bien sûr. On aurait pu verser dans de la citation plus emphatique pour clôre ce chapitre et à vrai dire, clore notre tournée. Et puis non, ça ira bien comme cela.

Posté par erwanretiere à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Kuta & Ubud & Amed, Ile de Bali, République d'Indonésie

    snioufrl...

    beuh, c'est con mais ça me fait un truc, la fin de ton récit...
    maintenant que je peux te parler en direct, je devrais pourtant être contente mais mon frangin virtuel et guide touristique va me manquer.

    Posté par mael, 19 février 2009 à 02:07 | | Répondre
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