29 novembre 2008

Ho Chi Minh Ville, République Socialiste du Vietnam

Voilà l’invitė surprise du programme. HCMV – comme il s'épèle économiquement – n’était pas vraiment le genre d’endroit où on pensait s’arreter. En la snobant, on comptait gagner quelques jours, ressource d'un genre tres précieux au Vietnam. Et puis notre goût pour les mėga citės, après avoir tourné une semaine dans Bangkok et avec Singapour qui bipe dėja dans notre écran radar, s’est quelque peu émoussé. Mais voila toutes ces bonnes excuses ennoncées pour rien car à Saigon (finalement, c’est encore plus charmant qu’HCMV) on s’y est bel et bien arreté. Et pendant quatre jours, encore ! On a ėtė retenu la-bas par une mer dėchainée dont les marées ralentissent à peine de nuit, un endroit où, en traversant une rue, des courants motorisės vous entrainent à la dérive, très loin de la berge en face, un coin, enfin, où un tour en taxi moto est aussi relaxant qu’un passage du Cap Horn en optimiste. Et pourtant, on la braverait tous les jours cette circulation hostile pour aller jeter un oeil aux deux ou trois choses que vous aviez repéré. Surtout que, pour celui qui a comprit comment naviguent les bus locaux, les gesticulations des scooters d'en bas, lui paraissent, à présent, bien inoffensives.

C’est à Cho Lon – le quartier chinois – que commence le ratissage. Les cinq kilometres qui l’éloigne du centre étaient, avant la guerre, une campagne rase. Les flots de refugiés l’ont betonnés à un train d’enfer, et rendus fertile pour le commerce. Pour notre passage les boutiques faisaient un peu dans la surenchère pour nous rappeler que malgre les vingt cinq degrés ambiants, c’était dans quelques semaines que se jouait Noel, une fiesta qui a visiblement largement dépassé le cercle des happy few catholiques (dont 10% de la population sont membres, tout de meme). En arrivant a Cho Lon, et pour rester dans les cadeaux et les paillettes, c’est plus a la fête du Tet qu’on se prepare. Hélas, le nouvel an Vietnamien aura cette année un gout d’inachevé ; il se déroulera sans nous. Pour parler de ce quartier le mieux est de s’imaginer que son coeur, le marché de Bay Tin, arrose à chacune de ses pulsations les arthères situées autour de lui avec des sommes qui mises bout à bout sont colossales. C’est que le bazar à depuis bien longtemps pris ses aises au delà du batiment jaune moutarde où on a voulu le circonscrire. On y deal en gros, en masse, et pour autant, contrairement aux boutiques asiatiques du Xème arrondissement, on ne crache pas sur votre poignée de dongs au contraire ; le commercant se fera un plaisir d’amputer ses lots pour en extraire un ou deux articles afin de vous combler. Les petits profits, cela n’existe pas.

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On trouve à peu près de tout bien sûr, et dans des quantités infinies. Il faut pour s'en rendre compte flâner rayon bonneterie. Les vendeuses ont l’air comme des soldats, retranchées derrière des collines de soustifs, on se dit que c’est sûr, le faux plafond au dessus duquel elles ont trouvé le moyen de stocker plus de culottes qu'il en existent dans le dressing de Madonna va lacher, mais non. Elles trouvent même encore l’espace pour bondir de leur cachette, pour vous proposer des bavoirs, des masques respiratoires que portent ici les motocyclistes et qui les font ressembler à des gendarmes du GIGN...à fleurs. Et puis, qu’on ne s’inquiete pas, ces sacs a main sont fabriqués en Chine et pas au Vietnam comme le souligne le vendeur de contrefacons, c’est vous dire si c’est du solide. Il y a evidemment l’alimentaire qui se décline aussi tout désseché et encore plus odorant. Representez vous l’integralité d’un bestiaire aquatique et dites vous que chacun des specimens deshydratés s’achète et se vend ici. Un peu plus loin en tournant longtemps dans le quartier, parce qu’on avait le nez dans la carte du guide plutôt que de se fier a la providence, on finit par trouver ce qu’on était venu chercher. Se perdre ça a quand meme permis de découvrir un tas de métiers fascinants. Tenez ! Saviez vous, par exemple, qu’il y a des gens qui vivent en ébarbant vos boutons de culottes, qui les poncent consciencieusement avant de les filer aux grossistes ? Mais passons. Notre graal, ce sont ces boutiques de pharmacopée traditionnelle ou plutôt, le remède qui fluidifierait l’hemoglobine de la compagne. On fait comme on peut pour expliquer ce mal très intérieur à l’apothicaire. Il etait justement en train de souspeser des champignons gigantesques qu’il avait l'air de vouloir combiner avec des écorces inodores. Hélàs, nous on pensait avoir trouvé Merlin, et voilà  que ce type-là nous renvoie vers son collègue de la boutique d’à coté, lequel nous refile des gellules aux essences de vignes, celles-là même qu’on trouve chez Nature & Découverte. C’est vexant.

Pour reprendre notre métaphore maritime, l’autre phare qui émerge du maelström routier se visite le mieux la nuit, quand l’eclairage public met le paquet pour le détacher du reste. La rencontre avec le Saigon période coloniale, se fait sous bonne escorte avec un gentil couple de jeunes fiancés vietnamiens, amis par un enchevêtrement de relations de la famille. Après avoir distillé quelques nouvelles de la Bourgogne, on a droit a une jolie tournée by night : poste centrale, cathédrale Notre Dame, Palaces 5 etoiles (mince ! croyez le ou pas mais au moment où on écrit ces lignes, le garçon de café me montre un article où il est dit que le plus emblematique d’entre eux vient de s’ecrouler ! 30 morts.) On est ici loin des autres capitales indochinoises comme Vientiane ou Phnom Penh, c’est à dire qu'on peut s'éviter de jouer les archéologues pour exhumer quelques restes de la présence francaise. La marque de l’occupant a modelé tout ce quartier, depuis ses larges avenues, ces grandes places ou la multitude de cafés.

C’est dans cette partie là également qu’on s’enfièvre et qu’on tente d’appaiser à coup d’achats un soudain et violent appetit consumeriste... Mazette ! on dirait bien que nous aussi on a succomber au mal qui cueille les habitants comme les visiteurs. Ne perdons pas de temps ; c’est à Da Lat, une station dans les hautes terres où se reposaient jadis les officiers francais, qu’on décide d'entamer notre convalescence.

Posté par erwanretiere à 00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Ho Chi Minh Ville, République Socialiste du Vietnam

    culottes et fariboles

    mais comment faites vous donc pour acheter des trucs: je pensais que vos sacs étaient optimisés au max!

    je suis pas merlin non plus, mais il me semble que pour avoir un sang plus fluide, certaines personnes doivent éviter de boire trop de thé...

    la bise du pays où Noël ça ressemble vraiment à Noël, héhé

    Juniore

    Posté par mael, 07 décembre 2008 à 19:40 | | Répondre
  • devinette

    je sais plus si j'avais dit mon hypothèse pour la première photo-mystère:
    -si ça se mange pas, moi ça me fait pensé aux petites graines que justement on avait mangées avec Nolwenn dans un resto indien, il doit y avoir environ 15 ans, et qui en fait ne servaient qu'à se frotter les mains pour repartir avec une bonne odeur...

    -pour la deuxième, je dirais un litchi pas mûr

    y'a quoi à gagner?!!!!!

    Posté par mael, 07 décembre 2008 à 19:58 | | Répondre
  • RE: devinette

    Alors, pour la 1ere toff, il s'agissait de lentilles d'eau qu'on retrouve pres de Angkor. Quand a la seconde, c'etait un jackfruit malodorant et photographie malgre cela de tres pres !

    Tu aurais pu gagner une garde robe complete en soie. Dommage !

    Posté par Erwan, 09 décembre 2008 à 05:23 | | Répondre
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