17 mai 2006

Och - Kirghizistan

    Un carrefour au sein de la zone de transit centre asiatique, voila ce que c'est que Och. Depuis cette populeuse cite méridionale, on accédera à la Chine depuis l'Ouzbékistan et à sa réciproque ou on empruntera la vertigineuse route du Pamir qui s'enfonce profond dans le Tadjikistan. Toutes ces invitations au départ n'auront cependant pas raison de notre détermination a poser nos bagages un brin, a moi et a mon camarade polonais avec qui je suis a la colle depuis Kachgar.

    L'intention de lézarder est tenace ; plus l'envie de s'aventurer cette fois-ci. Alors on fait genre de s'intéresser quand même histoire de se déculpabiliser, parce que l'excuse "On aura l'occasion de revenir" ne tient pas, c’est pas sérieux. Les commentaires du guide de voyage sont succincts, ca tombe bien. "...fondée au Vème siècle... peu de vestiges subsistent..." Là ça rassure presque, ca pousse a se mouvoir, un tour de la ville, ca devrait être vite fait finalement. On tique un peu sur les premier mètres, on râle au carrefour suivant, on s'en veut cent mètres plus loin. C'est que la chaleur est accablante, même en fin d'après midi. Et puis ce qu'elle a de terrible c'est qu'elle exalte l'odeur des bennes à ordures qui montrent leurs intestins aux passants. Du coup, celles ci s'approprient un territoire beaucoup plus vaste que leurs enceintes métalliques. Ca force les riverains a faire de petits crochets. Les touristes eux s'imposent de larges détours. Y'a rien à faire, une puanteur pareil, on s'y fait pas. Le long du chemin, la bière est notre carburant. Il aura fallu trois litres pour parcourir les quelques kilomètres de l'avenue principale. Cinq pour mon camarade, c'est qu'il a plus qu'une réputation a défendre celui-là.

    A l'ombre des allées, on en fait des rencontres. Un groupe d'écolières avec des nœuds en dentelles gaufrées qui leur tiennent les cheveux. Elles, elles se tiennent par la main. Un Lénine qui nous intime l'ordre de faire demi-tour. Nous, on continue. Des colonies de pèlerins venus se recueillir au mont Salomon à cause du prophète qui se serait arrête prier par ici. Ca parait loin de sa Mecque quand même... On lui accordera le bénéfice du doute. Un bazar, encore. Des cambistes qui jouent de la virgule pour convertir vos dollars, ca tombe bien, on était a sec.

    Les gens sont gentils. Au cours de la journée nos relations sociales avaient pour périmètre notre terrasse, alors on a cause avec les serveuses, principalement. Elles n'arrêtent pas de sourire, on peut compter leurs dents en or. C'test qui y'a des Fort Knox planques au fonds des palais des habitants du Turkestan. Beaucoup d'Ouzbeks, on jette un œil a la carte (p.251), on ne s'en étonne pas ; Och toute Kirghize qu'elle soit est dans la vallée du Fergana qui se moque pas mal des frontières, elle.

    Les flots de musique se croisent, se mélangent, imposent de nouvelles mélodies, toujours saturées de synthétiseurs. Le soir toute la rue vibre, en pleine nuit, en milieu de semaine, c'est comme ca. De notre observatoire, on l'a vu muter, les foulards tomber, les jupes raccourcir, les Lada céder leurs places aux dernières berlines allemandes. Les militaires continuent de passer, un sourire en coin, on est tous touches par la bonne humeur général, c'est l'alcool, la musique, les serveuses.

    On a bien fait de la faire cette pause. Demain, c'est toute la journée a la poursuite du Nord qu'on s'élancera.

Posté par erwanretiere à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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